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annetadame

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Après avoir partagé dans ce blog ses états d'âme durant la phase d'attente de parution de son livre, l'auteure nous raconte à présent avec dérision l'étape suivante : celle de la promotion !

Publié le par Anne Dejardin
Editrice, un métier...

A l’instant-même où l’on bouge, de Vera Seret.

https://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Daps&field-keywords=vera+seret+%C3%A0+l%27instant+m%C3%AAme+o%C3%B9+l%27on+bouge

Je bougeais donc, je m’agitais plutôt… Je m’échinais à tenter de comprendre l’intérêt que pouvait présenter la plateforme monbestseller.com. Elle permet à un auteur de mettre en ligne gratuitement et de faire lire son livre. Il reçoit ainsi des retours via des commentaires. Ce système calcule aussi la progression du nombre de lecteurs et recense les notes qu’ils donnent. Comme tout cela est gratuit pour les auteurs comme pour les lecteurs, je souhaitais évaluer les bénéfices que chacun pouvait en retirer, quand je suis tombée dans « A l’instant-même où l’on bouge ».

Le titre du premier chapitre, c’est BANQUISE. Voici la première page :

« Elle avait une banquise à l’intérieur qui l’empêchait de sentir l’amour des gens pour elle. Il y avait une angoisse glaciale qui coulait dans ses veines, qui l’engourdissait de tout avenir et de toute chaleur humaine. Quelque chose de profond, de profondément cassé, qui au moment de son arrivée dans la vie n’aurait pas été accueilli pour grandir comme il fallait. Une carence comme une violence, un retard impossible à combler après. Un manque, un vide d’existence. Un trou noir d’amour qui l’éteignait de dedans, lui bouffait toute confiance, lui figeait tout élan, tout espoir et envie de vivre sans le savoir. »[…]

J’ai été littéralement happée par ce roman dont l’écriture très particulière oscille entre prose et poésie avec un joli travail sur la similitude des mots. C’est très beau phonétiquement et ça sert parfaitement l’intention du livre de faire vivre au lecteur l’état intérieur de l’héroïne. Voilà un roman qui présente du dedans l’état émotionnel et douloureux de cette jeune femme qui est danseuse et qui s’enferme peu à peu. Ce livre raconte la sortie progressive de son enfermement et son sauvetage.

[…] « Se forcer.

A sortir de son canapé, à aller jusqu’au lit. A marcher et refaire un mètre soixante-quatre. Regrandir. A penser sans devoir en souffrir. A pleurer et pouvoir s’arrêter. Puis manger sans devoir en grossir, se trahir, se souiller.

S’observer.

Et ne plus se voir nulle, nuisible, gnagnagna !

Prendre systématiquement le contre-pied de ce qu’elle entend, à chaque voix.

S’entraîner.

Sans relâche à lâcher les jugements qui lui percent les tympans, ont vitriolé ses sourires d’enfant. S’exercer sans pitié au bonheur.

S’amuser.

Avec discipline à se contredire de tout cœur. »

Je n’avais encore jamais lu un texte qui exposait si bien les sensations de souffrance morale et physique d’une personne qui va mal psychologiquement ainsi que tout ce qui lui passe dans la tête. C’est aussi novateur que réussi. Avec aussi de jolies citations dont une de Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

Si ce livre n’éveille pas l’intérêt d’un « vrai » éditeur, c’est à désespérer de l’édition.

C’est triste à me donner envie de créer ma boîte. J’y éditerai :

Marie-France Clerc[1], Marie François-Griffon[2], Marie-Edith Quoniam[3] Que des filles dont j’adore l’écriture et les livres !

Que des Marie ! Une maison d’édition vouée à la vierge, alors ?… Idée farfelue mais plaisante. Et comme dans le christianisme la mère de la vierge s’appelle Anne, j’y éditerai aussi tous les miens[4] !

 

 

[1] Cinq zinnias pour mon inconnu.  https://mariefranceclerc.com/retours-sur-cinq-zinnias/

[2] T’écrire encore.  https://livre.fnac.com/a9479966/Marie-Francois-Griffon-T-ecrire-encore

[3] Aime-moi jusqu’à la fin de ma vie… https://www.amazon.fr/Aime-moi-jusqu%C3%A0-fin-vie-r%C3%A9sistance-ebook/dp/B01M3NTMKS

[4] Une vie normale / La vie en face… ne vous déplaise. https://livre.fnac.com/a10206635/Anne-Dejardin-La-vie-en-face-Ne-vous-deplaise

Editrice, un métier...

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Publié le par Anne Dejardin
Dessin de Julie Bourdais - "Une grand-mère hors normes qui fait tout pour y rentrer..."

Dessin de Julie Bourdais - "Une grand-mère hors normes qui fait tout pour y rentrer..."

Je vais ouvrir ici une rubrique spéciale où je parlerai de mes coups de cœur de lectrice. Et oui, je n’aime qu’ADORER ! Sans mesure je suis et je le revendique. Mauvaise blogueuse aussi… En effet je ferais mieux de parler de chacune d’entre nous (auteures auto-éditées), d’acheter, de lire et de recommander pour être à mon tour recommandée. Ça marche comme ça, ça ne marche QUE comme ça, je les ai vues faire, toutes celles qui savent Y faire, acheter les ebooks de toutes celles qui passent sur leur propre page ou sur leur blog, lire et publier des recommandations, genre « c’est un coup de cœur, je viens de lire, n’hésitez pas, lisez-le ».

Hier, puisque j’avais compris la marche à suivre, je voulais le faire aussi. Acheter tous ces ebooks à 2€ et laisser des commentaires, des chroniques, des « j’aime »,… Moi aussi j’allais le faire. Je sentais que c’était possible. Parce qu’une personne sur trois écrit, semble-t-il. Si elle écrit, elle lit ! Forcément ! Elle est donc susceptible de ME lire… CQFD. Alors me direz-vous, les auteures auto-éditées, vous vous lisez entre vous ? Eh bien oui, en quoi est-ce méprisable ? Nous, tout ce qu’on veut, c’est être lues ! Et puisque nous sommes si nombreuses, c’est le rêve !

Ça, c’était hier. Sauf que depuis j’ai dormi sur mes bonnes résolutions et ce n’est jamais bon. C’est comme pour le brushing. Tout est à reprendre au lever ! Pire, je ne veux plus rien reprendre du tout. Je me lève avec une nouvelle idée en tête : me différencier de toutes les autres et ne parler que de mes coups de cœur. Parler de ce qui me fait VIBRER, des auteurs dont les textes m’envolent comme les publications du blog de Nicolas Houguet, mon dernier transport en date. De Vera Seret, qui a écrit « A l’instant-même où l’on bouge » qui a été lu 2300 fois sur monbestseller.com ! Oh, oui, parler de ce livre que j’ai découvert par hasard en essayant de comprendre à quoi servait d’écrire pour publier sur une plate-forme où n’importe qui peut lire votre livre sans débourser un centime. A part à être lu 2300 fois bien sûr, ce qui doit valoir son pesant de cacahuètes. Que dire de tous ces ebooks achetés et qui ne me sont même pas tombés des mains ? Et pour cause. C’eût été un moindre mal, mais à les lire sur mon téléphone portable si léger, ça ne risquait pas. Surtout ne rien en dire, ni ici ni ailleurs. Laisser ignorer à l’auteur que je l’ai lu…

Décidément je ne serai jamais politiquement correcte ! Un rêve auquel une partie de moi s’accroche pourtant. Catherine Choupin qui publie chez Librinova et est une experte en promotion a écrit à propos de mon livre « La vie en face… ne vous déplaise » qu’il s’agissait du portrait d’une grand-mère hors normes qui fait pourtant tout pour y rentrer. En plus d’être une auteure à l’écriture immaculée - à la lecture de laquelle je viens me désaltérer lorsque je finis déshydratée de trop de lectures d’ebooks inodores et insipides – Catherine Choupin a une formation de haut vol qui lui donne un regard vif et incisif. Son jugement sur « La vie en face… ne vous déplaise » sonnait juste et j’aurais pu accepter de porter cette étiquette adéquate. Et voilà qu’elle pourrait s’élargir suite à cette promotion que je m’impose pour faire connaître mon livre : une blogueuse hors normes qui fait pourtant tout pour y rentrer !

Une précision importante que je dois au zéro lecteur de mon blog : je déteste lire des ebooks. Je me force beaucoup, mais dès le départ, soit la première page, je sens que ça va être très difficile entre ce soi-disant livre et moi. Autre précision, qui n’est pas à négliger, je déteste toute contrainte. Je donne un exemple au hasard : l’obligation de lire des ebooks et de les commenter pour montrer que je m’intéresse aux autres. Eh bien je déteste cela ! J’ai envie de partir en courant. Même cuisiner me semble sur le coup une occupation attrayante, c’est dire ! Alors qu’en fait, je m’intéresse aux autres, je suis une fille pleine d’empathie, de compassion, au-delà du raisonnable. Mais m’obliger à faire un truc par intérêt, c’est pour moi vendre son âme au diable.

Donc si malgré tout ce que je viens de vous préciser, j’écris que j’adore la façon d’écrire de Nicolas Houguet[1], le livre de Vera Seret « A l’instant où l’on bouge »[2], la simili autobiographie de Corine Cetou[3] (alias Catherine Choupin), son livre « Plus personne ne se moquera de toi »[4] (incontournable pour tous ceux qui écrivent, à part Guillaume Musso et Marc Levy peut-être…), c’est vraiment que ce sont des coups de foudre que n’ont pu doucher ni ma hantise des contraintes ni ma sainte horreur des ebooks !

Ma mère m’a bien inculqué le fait de ne pas dire tout un tas de choses qu’il est important de surtout garder pour soi. Elle a juste oublié de m’interdire aussi de les écrire…

 

[2] Voici une auteure qui a un style et qui s’en sert. Une écriture proche de la poésie pure, riche en jeux sur les mots et les sonorités, pour servir une connaissance profonde d’un moment de déséquilibre dans la vie d’une femme en rupture d’elle-même. Un roman psychologique pointu qui décrit parfaitement le mal-être éprouvé par l’héroïne, mais qui n’est jamais déprimant, plutôt instructif et juste. Le parcours de cette jeune femme qui débouche vers une sorte de libération est passionnant avec de très belles citations vers la fin.

 

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Publié le par Anne Dejardin

 

« La fausse porte » de Xavier Houssin, aux éditions Stock

 

Les choses avaient pourtant mal commencé entre lui et moi. Stupéfaction en le sortant du sachet en papier tout fin où la libraire venait de le glisser avec une rapidité qui aurait dû m’alerter : son bandeau beige était tout déchiré et sa tranche blanche était maculée de grosses traces de doigts noires, ce livre commandé à la librairie plutôt que sur Amazon ou à la Fnac, histoire de renvoyer l’ascenseur aux libraires qui présentaient mon livre…

Colère envers le diffuseur des éditions Stock… Je me raisonne, me dit que je détourne sans doute mon indignation plutôt que de la diriger vers la libraire qui vient de glisser prestement ma commande dans un emballage avant de me la tendre, histoire de n’en point avoir avec moi, d’histoires, j’imagine… Comment peut-on traiter un livre de la sorte ? Et le vendre, même si on l’a reçu en l’état ? Pour peu ça éteindrait la joie que j’éprouve à l’avoir à moi et à l’imminence de la découverte à laquelle il m’invite.

En attendant le livre commandé, j’étais allée lire les commentaires qu’il avait sur Amazon. Etonnement : il n’y en a qu’un et plutôt mauvais !

Voici mon avis :

Excellent livre qui nous convie à une délicieuse traversée de l’enfance dans les pas d’un petit garçon étrange, qui a une présence particulière au monde et qui interroge son univers, ses origines, son environnement familial et éducatif de son regard légèrement décalé qui fait tout l’intérêt de ce récit. D’une écriture délicate, juste, sans émotion, sans pathos, épurée avec une succession de phrases courtes (dont se plaignait l’auteur du commentaire) qui mêlent à la fois des faits brièvement décrits au plus juste, voire énoncés, et des réflexions dites ou entendues au même instant dans une cadence parfaite.

Captivée par ce roman, je me suis retrouvée toute étonnée d’éprouver tant de bonheur et d’émotion à la lecture de ce livre sur l’enfance d’un jeune garçon qui n’est pas particulièrement un thème qui m’intéresse. C’est donc là tout l’art de cet ouvrage que j’ai dévoré et qui m’a beaucoup émue, alors qu’il est écrit dans un style volontairement épuré et neutre. Certains passages m’ont étonnée par la vision qu’a le narrateur, qui est un jeune garçon, de ce qui l’entoure, ainsi que par sa façon d’appréhender la nature dans une présence telle qu’elle rappelle celle d’un poète.  

Quand j’ai commencé à rédiger cette chronique, il me restait deux pages à lire pour finir ce livre. Je voulais l’écrire dans le feu de l’enthousiasme et aussi, c’est plus fort que moi, en garder rien qu’un tout petit peu pour après, après les devoirs, après les obligations, les contraintes, les fiches de lecture, garder deux pages à lire après la rédaction de ce commentaire auquel je m’étais moi seule astreinte.

Voici donc que je termine réellement la lecture de ce livre. Et je découvre qu’il se termine par la réponse que donne le petit garçon devenu adolescent à son ami qui lui demande quel métier il choisira plus tard. « Un jour, plus tard, tu sais, j’… » Je ne peux pas vous en dire davantage, des fois que vous voudriez le lire. La fin du livre confirme ce que je venais d’écrire juste avant… Nouvelle surprise !

Dans les remerciements, l’auteur cite Laurence Tardieu… Bien sûr, tout me parle dans ce livre jusqu’aux remerciements.

 

Extrait : « […] La Fausse Porte est une ouverture dans le vieux rempart qui date du temps des Romains. Maman m’a raconté. On ne dit pas qu’elle est fausse parce qu’elle n’existe pas. Mais parce que ce n’est pas la grande porte, la porte principale. Par la Fausse Porte, on pouvait entrer en ville tard ou la nuit. Il suffisait de dire son nom. De se faire reconnaître. D’expliquer simplement que l’on rentrait chez soi. »

A la lecture de ce roman, j’ai eu l’impression de reconnaître quelque chose, comme lorsqu’on revient dans un endroit connu et quitté depuis longtemps : l’enfance.

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Publié le par Anne Dejardin
Haute couture !

J’ai oublié les mots exacts. Pour m’en souvenir toujours, j’avais recopié l’extrait à l’encre bleue et punaiser la feuille devant mon bureau à hauteur d’yeux. Je pouvais le relire chaque matin, lorsque sur le coup des 5 heures, je venais m’asseoir avec un seul objectif : rester vissée à ma chaise jusqu’à ce que j’ai produit trois pages manuscrites. Elles me demandaient au moins 1h30 selon les jours. Il y a des années de cela. Le manuscrit s’est achevé, dans cette même contrainte, preuve que cette méthode parmi d’autres convenait à mon mode de fonctionnement.

Les mots accrochés au blanc de la feuille, elle-même fondue dans la blancheur murale, ont rapidement perdu leur couleur marine, jusqu’à n’être plus lisibles que par moi tel un message codé. Ça disait : « Fuis les endroits où on parle de livres ! […] Bien sûr qu’ils vont compter tes ellipses ! […] Mais toi tu tailles une robe de soirée… » Ne m’en restent que des bribes.

Ils étaient de Philippe Djian et dataient de l’époque où je découvrais ses romans avec délice et émerveillement, ceux qui commençaient tous de la même façon : un homme est quitté par sa femme ! Son physique de Bad Boy donnait du poids aux mots que j’avais recopiés pour qu’ils me servent de guide, de mantra et d’autorisation. S’il écrivait cela -  était-ce dans « Lent dehors », je ne m’en souviens plus - je pouvais lui faire confiance, il ne faisait pas dans le politiquement correct ! A chaque fois, je butais sur « ellipse » qui pour la prof de math que je suis est plutôt le symbole d’une forme parfaite, le lieu des points dont la somme des distances à deux points fixes est constante. Ces points respectent une formule mathématique, il ne s’agit donc pas de n’importe qui, ils évoquent la maîtrise et le contrôle, sont par essence rassurants, d’une forme  parfaite, c’est magique… Et eux, ces « ils », vont oser faire cela, les compter ? Sacrilège ! Les traquer ? Il semble donc qu’il ne fasse pas bon en avoir beaucoup dans son texte… Mais on ne peut tout de même pas tout raconter minute par minute, si ? Cette histoire d’ellipse me donnait l’impression d’être un transfuge. Elle me rejetait du sérail, me renvoyait au clan des matheux, tandis que je grattais désespérément à la porte des autres. Venait l’effet « robe de soirée » pour calmer mes angoisses et corriger cette impression d’exclusion. Et là, c’est moi qui tiens les grands ciseaux, c’est moi qui la taille dans l’immense étendue déployée du tissu ! Et c’est Djian qui le dit, avec son beau visage taillé à la serpe. Je suis Dior ou Cardin et c’est moi qui décide, qui ai toutes les cartes en main.

Alors je me le suis tenu pour dit, dit c’est dit, comme un pacte secret entre nous, une autorisation donnée par Djian à condition de respecter le défi. Je n’ai donc pas écouté Pivot, pas plus que je ne regarde aujourd’hui La grande Librairie. Je ne participe à aucun cercle de lecture. Mes coups de cœur m’appartiennent, ne me demandez pas de les mettre sur la table, j’y mets déjà assez de moi en écrivant… Pendant des années, je continuerai de coudre à l’abri des regards. Si les mots recopiés ont blanchi à jamais sur une feuille égarée d’avoir été retirée du mur d’une maison quittée, je suis restée fidèle à ma ligne de conduite : les rencontres littéraires de Carolles n’auraient pas non plus dû être pour moi et pourtant contre toute logique, j’en fais un signe du destin pour m’installer dans le coin.

A chacune d’elles, j’ai le cœur en fête, rempli de gratitude. J’y viens seule comme en catimini et je rentre chez moi riche d’une moisson improbable comme une pluie accordée par le ciel en période de sécheresse. Celui qui anime ces soirées s’appelle Xavier Houssin. Il ne m’intéresse pas. Je viens malgré lui. Il fait partie de ceux qui comptent les ellipses. Je viens à ces soirées malgré lui. Longtemps je ne retiens pas son nom, pas plus que l’endroit où il exerce un métier de journaliste, m’a-t-on dit. Je ne m’attarde pas et le classe parmi les personnages narcissiques, un de plus… Rencontre après rencontre, à l’écouter - car je ne le vois pas, je me place exprès tout au fond de la salle, si proche de la sortie, un pied dedans l’autre dehors, présente sans y être, devant moi toutes les chaises occupées m’obligent à choisir, entre voir l’invitée ou lui, et je choisis l’auteur bien sûr… A écouter XH lire des extraits des livres des auteures qu’il reçoit, je constate à quel point il prend soin de ces femmes et de leur écriture. Imperceptiblement mon regard change. Un peu, à peine.

Un jour je finis par avoir mémorisé son nom et suis en mesure de le taper sur Internet. Je lis « Ecrivain de la disparition ». On est donc bien dans la haute couture ! Je suis abasourdie par la splendeur de l’étiquette : écrivain de la disparition… Je veux le lire. C’est une certitude. Je comprends mieux pourquoi j’ai baissé la garde à force de le voir mener ces rencontres littéraires : cet homme est écrivain, pas seulement chroniqueur, cet homme prend des risques, s’expose et fait avec tout ce que ça implique, tout ce qui s’en suit. De lui je commande « La fausse porte » aux Editions Stock.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

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Publié le par Anne Dejardin
Demain j'écrirai à propos de l'homme qui anime les rencontres littéraires de Carolles...

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[…] « Demain j’écrirai à propos de l’auteur, de l’homme qui anime les rencontres littéraires de Carolles, avais-je écrit sur mon blog. » 

Demain, c’était hier. Aujourd’hui, c’est après-demain. Bien malin celui qui sait ce qui s’écrira le lendemain… Folie présomptueuse que l’on paie toujours.

Ce cahier est trop beau. Déjà au départ, vierge, sorti du papier cellophane, il était mal parti. Plus tard, les dessins réussis et les textes importants que les jours y déposent, fruit d’un hasard heureux, le figent et l’enlisent dans une obligation morbide : celle de poursuivre sans démériter, rester dans une telle veine. Déveine…

Demain et après-demain sont passés, reprendre le stylo et raturer pour sortir de l’impasse, se forcer à le faire, reprendre tous les droits comme on désherbe, regagner le terrain un temps déserté. Ecrire du moche, écrire pour rien, pour délier le mouvement des doigts fourbus de trop de défrichage, écrire du dur, du brut, du nu quand tous autour restent habillés, écrire comme fusent des balles insouciantes de la cible, écrire pour moi, écrire pour du beurre, écrire ce qui jamais ne sera relu, écrire pour sentir qu’on n’est pas mort, pas encore, écrire et dire merci pour ça, ce moyen de dire, de raconter, de parler, de communiquer, d’exprimer quand les autres ne m’étaient pas permis, pas possibles. Merci de ces incapacités qui ne m’ont pas tuée, pas plus qu’elles n’ont tué l’écriture en moi.

Il faudra trouver une fin à mon livre sur le bonheur. Revoir aussi les remerciements…  

Remercier même pour cette promotion qui me pèse, remercier de ce qu’elle m’a permis de découvrir sur moi et sur l’humilité aussi. Je cherche cette fin et elle n’apparaît pas. Que faire ? Peut-être juste vivre et la laisser émerger un jour comme pour la fin d’ « Une vie normale »...

Elle s’est écrite plus tard que le reste, bien plus tard. D’un jet, dans un bistrot vide, un dimanche. Le jour où la radio a annoncé la mort de Lady Di. L’amant libanais debout en contre-jour devant la fenêtre de la chambre d’hôtel où je viens de dormir seule. Lady Di est morte cette nuit. C’est ce qu’il m’annonce en premier, avant de me dire qu’il doit rentrer plus tôt que prévu auprès de sa femme… Mon propre alibi me contraint à ne rentrer qu’à la fin de l’après-midi. Commence l’attente. J’attends que la journée passe. Toutes ces heures à tuer, à n’exister pour personne, obligée de m’exclure du monde, sensation de ne plus lui appartenir, de n’être nulle part. Je reprends ma voiture et roule au hasard. Un bistrot sur le bord de la route. Entrer dans ce bistrot vide comme au couvent pour une retraite... Dans l’effondrement de ce matin-là, c’est sur la mort du maître de danse que j’ai pu écrire et seulement à ce moment-là, un texte sorti d’une traite, tout réécrit d’avoir été digéré dans le plus grand secret, l’œuvre du temps et du silence avait été accomplie, je n’ai plus eu qu’à le coucher sur papier. Peut-être en sera-t-il de même pour la fin de ce livre-ci qui doit clore le thème du bonheur et de la gratitude, et qui me semble primordiale.ut-être en sera-t-il de même pour la fin du livre que je relis.

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Publié le par Anne Dejardin
L'herbier des rayons de Xavier Houssin

L'herbier des rayons de Xavier Houssin

Au départ je voulais plutôt lire de lui un roman. Parmi les titres, celui qui contient le mot « porte » entrée en poésie grâce à ce petit recueil et j’en suis toute esbaudie. Reconnaissante. Naissance. Naît sens. Bien sûr, nous y voilà !

Il a ouvert une porte, creusé une ouverture dans mon mur, celui qui me sépare de la poésie. Dès que, dans ce que je lis, le sens n’émerge pas dans l’immédiateté, mon mur protecteur s’érige. Rejet. Sens qui donne au monde la lumière m’est refusé ou alors donné en plusieurs possibles, à moi de choisir... Déboulent la panique et son fouillis sauvage, une fois l’étoile du sens, comme celle du berger, éteinte. Egarée, je rampe, les yeux crevés, affolée.

Dans ce recueil, mon attention est détournée et on m’offre qqch à quoi me raccrocher. Qu’importe qu’il s’agisse de brindilles insignifiantes ! Puisque le poète leur a donné sens, je peux avec des lenteurs d’insectes lire et relire ses poèmes, même si le sens rationnel et cartésien des faits dévoilés m’échappe.  Demain j’écrirai à propos de l’auteur, de l’homme qui anime les rencontres littéraires de Carolles. 

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Publié le par Anne Dejardin
Au Winnibelle à Granville

Au Winnibelle à Granville

Il faudrait écrire l’expérience vécue hier. L’écrire pour en garder une trace, une trace sur laquelle l’inconscient ne pourrait pas venir déposer son empreinte, souiller la scène initiale, brouiller les pistes. L’écriture de ce moment équivaut à une mise sous scellés de ce qui a eu lieu.

Fany qui parle de mon livre, qui lit avec délectation des extraits, qui, comme moi et contrairement à tant d’autres lectrices, y a vu un livre drôle. Enfin… Fany qui malgré sa jeunesse s’est emparée de ce livre, qui en a trouvé l’écriture belle parce que, dit-elle, c’est cette écriture particulière qui rend cette histoire universelle à chaque moment. Fany qui conclura en disant à quel point d’autres livres, nombreux, publiés dans de grandes maisons d’édition, n’ont pas sa qualité et qui dit ces mots-ci que je dois écrire bleu sur blanc pour les lire quand tout dans ma tête hurlera qu’il serait plus sage de reboucher définitivement mon stylo plume, Fany qui dit à ces personnes assises devant nous au Winnibel pour la rencontre, venues parce que c’est Fany et qu’ils lui font confiance, elle dit en les regardant bien en face que c’est un livre qui mérite d’être lu, acheté, offert, parce que c’est un grand livre.

Je n’écris pas pour que l’on me dise cela. J’écris parce que c’est l’acte que j’accomplis dans ma vie et qui a un sens fondamental comme respirer en conscience ou aimer mon homme. J’écris parce qu’il ne m’est plus possible d’arrêter.

Je n’écris pas pour entendre les mots de Fany, ces mots-là, même si ce sont des mots qui écartent pour un temps de ma route les doutes harceleurs et soulagent un peu de l’épuisement que j’éprouve à les extraire d’on ne sait où pour les tendre à je ne sais trop qui, même s’ils furent la machette qui ouvre la piste de l’explorateur dans l’obscurité de la jungle, même s’ils furent les drapeaux brandis sur le passage du cycliste relégué à la fin du peloton, même s’ils sont plus autorisés du fait de celle qui les dit, toute en délicatesse, qui connaît et habite son métier de libraire, avec un sourire capable d’illuminer même les rares jours de grisaille de Granville, certes moins nombreux qu’ailleurs dans cette rue particulière qu’est la rue des Juifs ; ces mots, je me dois de les coucher là, dans ce carnet noir, bleu sur blanc comme les cabines de plage, ancrés solidement côte à côte comme de vaillants petits soldats, quel que soit la force du vent, ils seront là pour le jour où j’aurai besoin de me remettre en selle.

Un dernier "Détour" : rappel du 18 juin 2017.
Un dernier "Détour" : rappel du 18 juin 2017.

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Publié le par Anne Dejardin
L'herbier des rayons de Xavier Houssin

Il y a un mur épais entre la poésie et moi. Je n’aime que les mauvais poèmes. Ceux où tout est clair, énoncé, compréhensible. Autant aimer les mots et rester en dehors de la poésie, exclue du sérail, honteuse mais ferme ! Décidée. Camper sur mes positions.

Un jour j’achète ce petit livre, déçue un peu : je veux lire cet écrivain et le libraire n’a en magasin que ce livre de poésies. Vingt euros. C’est cher, dit le libraire. Sous-entendu, pour ce que c’est… J’acquiesce, mais je l’emmène. L’ouvre pour voir ce qu’il a dans le ventre au-delà de son titre « L’herbier des rayons » et de son auteur qui anime les rencontres littéraires de Carolles.

J’hésite à parler en premier de l’auteur ou de ce que contient ce petit livre entre mes mains, fort plaisant au toucher, sobre, discret mais à mieux y regarder, tout ce qui est tracé sur la couverture et sur sa quatrième est recherché, rien n’y a été posé au hasard. Même le nom des éditions, Caractères, donne de l’étoffe et on ne l’a pas encore ouvert… Vert, la couleur des versos de la couverture, vert du malheur et du mauvais sort ailleurs, ici vert pour l’écrin d’un herbier, quoi de plus naturel en somme ?

Les deux premières pages écrites par l’auteur expliquent la conception de cette œuvre, le parti pris du poète et les circonstances de l’écriture. Elles pourraient presque suffire. Elles sont essentielles. Ce qu’elles me furent, fondamentales aussi, comme on prend par la main, main glissée dans celle de l’enfant terrorisé dans la cour d’école. En face de chaque poème, l’auteur a placé une photo d’une pousse dénichée lors de ses déambulations de hasard tout autour de l’hôpital où il subit régulièrement une radiothérapie et qu’il a fait sécher en rentrant chez lui à la façon des herbiers de son enfance.

Des pousses de rien du tout, autant de mauvaises herbes pour moi, qu’il faudrait arracher, mais des pousses insoumises qui ont cette particularité de repousser, chacune à leur niveau, le bitume et le bulldozer. Des pousses qui ont perdu la troisième dimension d’avoir été réduites, écrasées par deux buvards, enfermées sous le poids des dictionnaires, puis ressorties de l’enfer pour subir la lumière de la résurrection par le photographe et les voilà éternellement vivantes et touchantes de platitude. Leurs racines filandreuses semblent encore bouger, filaments d’étoile, frémissant comme des cheveux d’ange. Et pour vingt euros, j’ai le droit de les emmener chez moi…

Je lis, je relis, j’observe les plantes et leurs racines, mon œil larmoie à tenter de les mémoriser jusqu’à ce que ma plume recrache chacun de leurs méandres scannés par mon cerveau dans une exactitude parfaite… Je lis et je copie. Je lis encore. Je prélève, j’écris à partir de ma pêche miraculeuse. Frauduleuse.

 

Ecrire à partir de...

Ecrire à partir de...

Sans enfant à attendre. Tendre les bras. Sans embrasser. Bras baissés. Baisser les bras. Embrasser le vide. Brassées de vide. Ventre en creux. Creuser le fouillis sauvage. Trouver l’étoile tombée. D’un baiser la relever. Lever les bras. Plus haut. Bras hauts. Bravo. L’envoler jusqu’au ciel. Tir d’étoile réussi.  Ressuscitée d’entre les morts. Jour de Pâques pour l’astre. Qui brille au firmament. Maman…

Seule à me souvenir. Venir quelqu’un ? Non, personne ne vient. Souverain l’insecte dans sa lenteur. Sans enfant à attendre. Tendre l’arc. L’archet de la métaphore. Retour de bâton. Impact : cible touchée. Aucun lien ne se fait. A cause de l’absence d’enfant. Les mots ne s’enchaînent pas, comme un sort qui s’acharne. Il faut au début la lenteur de l’insecte, quand le maître positionne sa flèche et qu’ensuite il tend la corde. Temps de latence obligé. Rien à attendre. Enfant ou cible.

Pour que les mots s’enchaînent et se répondent il faut la cible, accepter qu’il n’y aura pas d’enfant, chérir le souvenir comme une étoile tombée dans le fouillis sauvage.

Souvenir sous-verre souverain. Briser la vitre, éclater quelque chose, écrire dans les brisures, accepter parfois de saigner, un peu, goutte pourpre au cœur de la fleur, qui déborde, sort de son lit, suit sa propre logique qui n’est pas celle de l’encre, la suivre dans la solitude infernale du souvenir, personne n’y vient, n’y convier personne, le partage dénature irrémédiablement, ça ne s’est pas passé comme ça, figer comme on emprisonne dans les mots, alignés côte à côte comme des barreaux, lors d’une première garde à vue, vus, on peut tourner la page. Le procès n’aura pas lieu. Déni du méfait commis. Surtout écrire sans laisser de témoins !

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Publié le par Anne Dejardin
Un dernier...pour la route !

Je vais vous parler d’un livre qui fait du bien… A qui ? A nous les auteurs, les autoédités, les publiés peu lus, les écrivains qui écrivent en attendant d’être publiés, les écrivants des ateliers d’écriture qui attendent que leurs ailes grandissent pour envoler leurs pages jusqu’aux lecteurs. Un livre qui fait du bien, qui parle vrai, un livre qui ne laisse pas sur le carreau, un livre qui ne nous fait pas croire au miroir aux alouettes… Un livre qui parle d’autoédition…

« Encore ! Non, pas ça, il y en a mille ! Un de plus, pourquoi, ils sont pléthore, ne contiennent que des promesses, des marches à suivre, parfois des stratégies carrément incompréhensibles, on en ressort lessivé, plus découragé qu’avant et furieux d’avoir payé pour cela, on ne m’y reprendra plus. »

Celui-ci est différent ! Déjà, il est gratuit !

J’aurais peut-être dû me demander pourquoi. C’est ce que je fais seulement au moment où je le télécharge précisément pour cette raison : sa gratuité ! Au pire je ne le lirai pas. C’est ce que je me dis. Mais alors il me faudra fournir un autre effort : abandonner le livre au beau milieu ! Mission presqu’impossible pour moi qui suis d’une race de lecteurs en voie de disparition, ceux qui lisent jusqu’au bout même si c’est nul, même si c’est ennuyeux, même si…

Un livre qui a du succès est un livre qui tombe à pic, c’est ce que dit l’auteur. Et le sien est tombé à point nommé, ce point que j’appelle découragement, envie de jeter l’éponge. Et oui, il est arrivé à moi à l’époque où mon éponge était gorgée de l’ennui de la promotion ; elle pesait si lourd que je pensais l’avoir avalée par mégarde et elle me restait sur l’estomac. Nausées, ballonnements, renvois, étouffement,… Par moment je m’allégeais en écrivant sur mon blog. Certes c’était encore de la promotion, mais c’était aussi de l’écriture. Aussitôt j’avais la sensation de sortir la tête hors de l’eau. Ça n’avait qu’un temps, déjà je replongeais et suffoquais à nouveau assez vite. Mon coach m’avait mise en garde, je n’avais rien voulu entendre. Toi, tu écris, il répétait. Je faisais la sourde oreille au début. Ensuite je lui ai répondu : la promo, le plan de lancement, je veux m’y consacrer, donner une chance à ce livre, tu comprends… Oui, certes mais peut-on passer sa vie à faire du bouche à bouche à quelqu’un qui balance entre la vie et la mort ou se substituer à la machine qui aide à respirer celui qui est plongé dans le coma sans y perdre soi-même le souffle ? Là encore ma réponse était oui. C’est qu’avec de la volonté je crois toujours que je vais pouvoir faire des miracles. Mais n’est pas Dieu qui veut ! Ça ne s’improvise pas. [1]

Alors lire ce qu’écrit cet auteur, c’est comme attraper une bouée de sauvetage lancée au bon endroit au bon moment. Le mourant, c’était moi et je ne le savais même pas.

Que faut-il en déduire ?

J’en tire deux conclusions intéressantes.

1.Le succès est impossible à prévoir.

« […] Vous n’avez pas toutes les cartes en main, pas plus qu’un éditeur ne les a, cela ne dépend pas de vous, du moins pas entièrement. […] Un travail acharné est une condition nécessaire pour viser un succès lent, mais pas suffisante. Il existe des centaines d’auteurs talentueux qui ne percent jamais et qui ne bénéficient tout au plus que d’un succès d’estime. C’est injuste, mais c’est ainsi ! […] La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez vous libérer d’un gros poids : puisque le succès est imprévisible et ne dépend pas de vous, faites-vous plaisir, sentez-vous libre d’écrire ce qui vous plaît, comme il vous plaît ! N’essayez pas de vous fondre dans un moule d’écriture qui ne vous correspond pas, ne vous demandez pas à chaque page ce qu’il faut faire pour plaire au lecteur. Ecrivez pour vous, parce que vous en avez besoin, parce que vous aimez ça, parce que ça vous fait du bien…écrivez pour toutes les raisons du monde, mais pas pour le succès ! Plus vous l’accepterez pleinement, plus votre rapport à l’écriture et à la publication sera libre, sain et source de plaisir. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Bien sûr, il faut travailler dur votre écriture, repasser cent fois votre ouvrage sur le métier. Bien sûr, il faut sans cesse chercher à professionnaliser votre démarche, à lire beaucoup, à travailler la technique d’écriture comme un artisan apprend à utiliser ses outils, à faire une promotion la plus large possible. […] Si le succès doit venir, il viendra. Et si ce n’est pas le cas, le plaisir d’écrire sera intact, vous connaîtrez la satisfaction d’un accomplissement personnel, du travail bien fait, vous ne finirez pas aigri et continuerez d’écrire pour vous. Et puis, qui sait, peut-être qu’avec votre prochain livre tout sera différent… »

2.Le succès ne dépend pas que de la promotion.

« […] En tant qu’auteur, votre rôle est de préparer les brindilles et les pommes de pin, puis de craquer l’allumette. Ensuite, souffler régulièrement dessus pour l’aider à partir. C’est à cela que sert votre travail de promotion. Pour que le brasier du succès prenne corps, il faut ensuite qu’un certain nombre de conditions soient réunies, que l’alchimie fonctionne, et vous n’y pouvez rien.

Ce qui dépend de vous : […] il est bien évident que vous aurez beau écrire le meilleur livre du monde que tous les lecteurs attendent, si vous n’en parlez jamais à personne et ne faites rien pour le faire connaître, il restera à jamais inconnu.

[…] Ce qui ne dépend pas de vous : S’il n’y a pas de bois aux alentours ou si la pluie tombe, votre feu ne partira pas, et vos efforts n’y feront rien. Un livre à succès, c’est non seulement un très bon texte, mais aussi un livre publié au bon moment, au bon endroit. C’est un livre qui touchera les lecteurs au plus profond. Un livre qui aura attrapé quelque chose de son époque. Personne n’est capable de l’anticiper, même pas les professionnels les plus expérimentés. Cette part de magie fait aussi la beauté de l’édition ! »

Il a raison, l’auteur. Son livre me touche au plus profond parce qu’il arrive au bon endroit au bon moment, c’est-à-dire sous mes yeux et au moment où je cherche à comprendre et à définir la part de ma vie que j’abandonne à la promotion, celle que je retranche mathématiquement à l’écriture pour la consacrer aux blogs, à Facebook, au tour des librairies, aux salons, aux correspondants de presse, à soudoyer les amis pour qu’ils envoient le communiqué de presse à leur mailing liste, j’en passe et des meilleurs, non je crois honnêtement une fois de plus avoir tout dit, même ce qu’il faudrait taire, selon mon habitude, cette façon de transgresser la loi du politiquement correct de ce qui ne se dévoile pas et qui est en définitive ma marque de fabrique.

Ce livre me réconcilie avec l’essentiel à savoir mon écriture, l’essence de mon projet de vie et pas tout ce qui papillonne autour et auquel il faut réserver un temps obligatoirement limité afin de raison garder.

Alors je vous ai convaincu, n’est pas ? Vous souhaiteriez connaître le titre de cet ouvrage et l’identité de son auteur. Eh bien, tout se trouve sur la couverture, mais malgré cela je n’ai fait le rapprochement qu’après : le lien entre la gratuité et la personne qui avait écrit. Il s’agit de Jean-Yves Normant, fondateur de Bookelis, comme stipulé sous son nom. Le titre en grand en gras en clair : Autoédition. Avec en sous-titre mais visible « les clés du succès ». Tout de même il faut bien vendre, même quand c’est gratuit ! Et tout en dessous mais lisible, extrêmement, sinon à quoi bon, « création et promotion de livres aux formats papier et numériques » et une flèche comme un éclair ou une fulgurance qui part de la gauche et monte vers la droite, l’avenir, qui est remplie de visages différents, symbolisant la manne des lecteurs touchés et le succès du livre.

Je suis sadique, je retarde le moment de vous montrer la couverture en vrai. Il vous faudra encore taper ce le lien ci-dessous : https://www.amazon.fr/gp/product/B016OTT754/ref=pe_2819081_182127261_em_sim_14_ti

Alors voilà, même s’il y a déjà deux fois succès sur la couverture de ce livre, je le recommande, parce qu’il fait du bien, qu’il est juste et tant pis si ça fait plein de nouveaux clients pour Bookelis, tant pis si insidieusement par ses propos Jean-Yves Normant s’assure que nous continuerons à écrire un livre après l’autre même si aucun ne fait un tabac, tout en enrichissant Bookelis, puisqu’écrire et le vivre bien, avec la recette dont il vient de nous livrer le secret, c’est avant tout nous enrichir nous.

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/46531

 

[1] L’état qui m’habitait au début de la promotion et que je décris n’est plus du tout le même aujourd’hui. J’ai trop tardé à publier cet article… A moins que la lecture de ce livre ne m’ait aidée à le dépasser.

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Publié le par Anne Dejardin
L'Agora et le salon du livre de Granville

L’Agora, c’est le nom de la maison de la Presse située place du marché à Granville. L’entrée est festive, comme les magasins habitués aux touristes avec plusieurs présentoirs à tourniquet débordant sur le trottoir et offrant cartes postales, aquarelles, sets de tables, magnets, … Mais passée l’entrée, ça devient une vraie librairie, bouquins pour adultes, jeunes et enfants, papeterie, etc… La vendeuse est jeune et souriante. La dame à côté d’elle semble moins occupée et c’est donc à elle que je présente mon livre. J’imagine que c’est la patronne, agréable elle aussi. Elle prend le flyer que je lui tends. Elle prend ce flyer et elle ne le dépose pas. Elle ne le pose pas n’importe où. Elle ne mettra pas par-dessus. Elle ne le recouvrira pas, dès que j’aurai tourné les talons, d’un tas de choses. Elle n’oubliera pas le nom du diffuseur que j’ai bien sûr omis de noter au dos du flyer, ne reportera pas à demain ni aux calendes grecques le fait de s’en occuper, ne remettra pas à demain ce qu’on peut faire le jour-même… C’est la somme de tout ce qu’elle n’a pas négligé d’effectuer qui fait qu’un jour « La vie en face… ne vous déplaise » se retrouve en rayons à côté de ses petits camarades.

La libraire de l’Agora, ce qui la caractérise, c’est l’efficacité ! En plus de sa motivation à défendre un produit régional. Certes en sortant je savais qu’elle avait plutôt dit oui, même si sous le coup de l’émotion, je n’avais aucune idée de oui à quoi au juste… Eh bien, c’est dans cette librairie-là, l’Agora, que mon livre a été présent en premier en Normandie. Comme quoi son « oui », c’était tout sauf une réponse de Normand. Du coup je n’ai même pas dû y repasser.

Quelques mois plus tard tout de même, je ne pousse pas la porte qui est toujours ouverte, je viens y récupérer l’invitation au Salon du Livre de Granville : dimanche 6 août de 10h à 18h, mes deux livres y seront en vente : Une vie normale et La vie en face… ne vous déplaise.

Un scoop concernant le troisième qui est à l’étape de la relecture : le titre ne contiendra pas « vie » et surtout pas de petits points. Plus jamais !

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