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annetadame

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Après avoir partagé dans ce blog ses états d'âme durant la phase d'attente de parution de son livre, l'auteure nous raconte à présent avec dérision l'étape suivante : celle de la promotion !

Publié le par Anne Dejardin
Prix citron

Prix citron

Librairie Sel d'Anne

Librairie Sel d'Anne

Lorsque j’ai commencé mon petit tour des librairies, je me suis promis qu’il n’y aurait pas de prix citron. Même si j’étais mal reçue avec mon petit bouquin sous mon bras, même si accorder un prix citron pouvait être salvateur afin de garder intacte la motivation et poursuivre mon tour des librairies, I go to the market mon petit bouquin sous mon bras, continuer encore, à la pêche aux moules, moules, moules, je ne veux plus aller Maman, ce tour des librairies où présenter mon livre « La vie en face… ne vous déplaise » … Je ne tremperais pas la plume de mon blog dans le vinaigre ! Certes j’ai l’habitude d’alimenter ma plume à l’encrier de l’autodérision, parfois je pousse l’indécence jusqu’à la tremper dans mon propre sang via les blessures de l’enfance, je le confesse, mais risquer de l’oxyder avec un soupçon de vengeance, l’idée me révulsait.

J’ai changé d’avis : je vais aujourd’hui attribuer un prix citron mais ce n’est pas tout, je vais aussi écrire à ce sujet, histoire de me remettre en selle ! Et écrire, oui exceptionnellement et malgré mon article que je n’ai pas encore mis en ligne, et qui s’intitule « Vous écrivez ? C’est thérapeutique, non ? », ça va me servir à me défouler ! Et ça va saigner !

Tant pis si c’était la seule librairie qui aurait pu accueillir et recommander mon livre dans le Var ou Les Bouches du Rhône. Bien sûr tous mes amis normands, tous les libraires du pays granvillais vont ricaner. Ils ne s’étonneront pas que ce prix soit décerné dans le sud. C’est qu’ils savent que j’ai enfermé mon cœur il y a peu, lui ai fait traverser la France, pour ne le libérer qu’à Jullouville. Mais ils se trompent. Je n’avais pas d’a priori. Au contraire je goûtais à nouveau la douceur du sud en dehors de la saison estivale. Un peu comme lorsqu’on retrouve une grand-mère paysanne, aimante et peu exigeante à la fin de l’année scolaire. Je savais que mon prochain livre, si celui-ci parlait de la Normandie, parlerait des beautés du sud, c’est pourquoi je venais le présenter à cette librairie toute confiante. C’est bien, soit dit en passant, tout le problème d’une douceur d’emblée, qui se donne à chacun et à n’importe qui, elle manque de consistance. C’est tout en surface et à l’intérieur ça sonne creux.

On me l’avait conseillée, cette librairie, je ne la connaissais pas. Ce quartier n’était pas commercialisé lorsque j’avais acheté dans le coin il y quinze ans. Une nouvelle venue en somme. J’avais regardé sur Internet et son site Web m’avait séduite. Là aussi il faut se méfier. C’est écrit dans mon livre. Dommage qu’aussitôt écrit, j’oublie de suite tout ce qui s’y trouve ! J’aurais été moins surprise.

Je ne citerai pas de nom. Quoique j’hésite… Un bon procès ça pourrait donner un coup de pouce à mon livre, non ? C’est un bon marketing, ça. Une publicité détournée. Quitte à payer ! Je suis tentée. Procès, polémique, emploi fictif, détournement de fonds publics et complicité d’abus de biens sociaux, n’importe quoi du moment qu’on en parle !

Mais je me dégonfle. J’ai décidé qu’il n’y aurait pas de diffamation en définitive : je préfère ne pas citer le nom de la librairie. Je donnerai un nom qui en est inspiré mais qui n’est pas le bon. Disons par analogie Sel d’Anne. Oui, c’est que j’y avais vu un signe, un présage. Une coïncidence heureuse. C’est dire si en tant que Madame Soleil j’aurais eu de l’avenir ! Un nom proche de celui de mon blog Annetadame qui doit se lire Anne, états d’âme. Dans ce blog un article est intitulé « peau d’âne » et je venais de le relire. Tous ces titres étaient proches, c’était un signe et au lieu de revoir avec mon coach la façon de me présenter – j’étais en pause depuis six semaines et j’aurais dû me douter que je manquais d’entraînement - j’ai pris la voiture et vroum vroum, je fonce mon petit bouquin sous mon bras. Pas besoin de pousser la porte. L’avantage du sud, tout y reste ouvert tout le temps, c’est accueillant pour le client de n’importe quel magasin. Dehors une dame et un homme me saluent. Excellent début !

A l’intérieur, c’est magnifique, haut de plafonds, genre béton ciré, attache de spots pour événementiel, moderne, spacieux, idyllique. Une grande table à l’entrée avec un chat blanc couché sur les piles de bouquins ! Un début si prometteur, même en rêve je n’aurais pu l’imaginer.

A peine le temps de parler au chat, très sympa, la dame du dehors arrive, me demande ce que je veux… Je veux lui offrir mon livre. Non, ce n’est pas la peine, elle dit, elle ne le prend pas en main, ne le touche pas, ne le regarde pas, dit non, je n’aurai pas le temps de le lire, adressez-vous plutôt à votre réseau habituel. Je réplique que la librairie de St Cyr est en liquidation judiciaire… Je parle du fait que j’anime des ateliers d’écriture depuis dix ans, histoire de montrer mon implantation dans le coin, mon implication aussi, elle lève brutalement le bras, les publicités c’est là, me tourne les talons et ressort.

En rentrant à la maison, mon coach promotion (qui n’est pas celui que je remercie dans mon livre) me demande si j’ai sorti la boutade que nous avions mise au point dans ce genre de refus du libraire. Je le regarde éberluée. Pourtant en effet ça me dit vaguement quelque chose… Ah, peu à peu ça me revient : dommage, vous ratez peut-être le prochain Goncourt ! Un brin d’humour avant de tourner le dos et les talons.

Oui je devais manquer d’entraînement, c’est de retour à la maison que je le comprends.

Au lieu de quoi, je reste seule dans la librairie, abasourdie, et quoi de mieux pour se consoler que de se raccrocher aux livres comme à une planche de salut, lire de-ci de-là des 4ièmes de couverture, des extraits, toucher leur peau, mat ou brillante, évaluer leurs formes plus ou moins étroites, les soupeser, hésiter, saisir et reposer, passer à un autre, regarder le prix, finalement le glisser sous le bras. J’en prends deux et je me dirige vers la caisse, je voudrais ne pas les acheter, ne rien donner de mon argent à Madame Citron, mais ils s’agrippent, j’ai peur qu’ils fassent une scène dans le magasin, déjà que la libraire me regarde de travers, j’abdique, leur chuchote que vraiment ils exagèrent et je pose 25€ sur le comptoir. J’ajoute comme on jette son va-tout que mon diffuseur c’est Daudin[1]… Qu’elle n’aille pas s’imaginer que je fais du porte à porte avec mon stock de livres dans le coffre de ma voiture… Je ne veux pas sortir du magasin sans avoir au moins placé cet argument. Elle dit très bien. Je me méprends, crois qu’elle en est satisfaite, de Daudin, mais elle se ravise, non en fait, elle dit, ils ne sont pas faciles du tout chez Daudin. Ah bon, pourquoi, ils ne livrent pas dans les délais ? Non, répond-elle, ils mettent très longtemps à livrer et ils ne reprennent les invendus qu’à la tête du client !

A la tête du client ? Comment ils ont su qu’elle avait une tête à recevoir le prix citron chez Daudin ? Tout ça par téléphone ou par mail ? Ils doivent avoir un sixième sens plus évolué que le mien ou alors mieux entraîné !

 

[1] http://www.daudin-distribution.fr/

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Person Marie-Christine 23/03/2017 11:53

Je te trouve très courageuse mon Amie... j'ai mal en t'imaginant confrontée à de telles personnes...
Ces personnes outrecuidantes et malveillantes.. sont les vieux cailloux, les trous sous tes pas, les trous d'air, les manques d'air, de ton ancienne route ! au fond ces personnages jouent avec aigreur et prétention une mauvaise comédie du paraître...détourne toi ! le soleil c'est droit devant !

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